ABC-Art Belge Contemporain

Octobre / Décembre 2010
LE FRESNOY, Studio national des arts contemporains –
TOURCOING (France)
Le Fresnoy – Studio national des arts
contemporains
22 rue du Fresnoy – BP 80179
F-59202 TOURCOING cedex
France
Commissaire Général
Dominique PAÏNI
Commissaire adjoint
Pascale PRONNIER
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Janvier / Mars 2011
MUSEE BERARDOLISBONNE (Portugal)
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Avril / Mai 2011
FONDATION CULTURE ET DEVELOPPEMENT,
avec lieux associés – SOFIA (Bulgarie)
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Le fresnoy website

Proximités et évidences aveuglent : la France méconnaît encore la richesse,
la diversité et l’actuelle agitation artistique chez l’un de nos plus proches
voisins. Et pour la région du Nord, il s’agit d’une véritable fraternité,
d’une perméabilité culturelle qui paradoxalement n’a pas effacé les frontières,
tels que des artistes plus lointains – américains, allemands et même japonais
– ont tenté de le faire en ayant les faveurs des modes et du marché de l’art.
A bien des égards, la Belgique a marqué vivement toutes les disciplines
artistiques actuelles : danse, théâtre, arts plastiques, y compris en inventant
des formes qui mêlent ces disciplines. Les amateurs et les collectionneurs
de Belgique ont été dynamiques pour accompagner cette effervescence
contemporaine et Le Fresnoy les a fréquemment accueillis.
La Belgique est sans doute le pays européen par excellence, et nous
pouvons faire l’hypothèse qu’il est le reflet idéal des évolutions de l’art
européen actuel.
La scène des arts plastiques, particulièrement la scène européenne, a subi
les conséquences extraordinaires des événements de novembre 1989 liés à
la chute du mur de Berlin. C‘était la fin brutale de la guerre froide,
la fin annoncée de la division de notre monde en deux systèmes sociétaux
antinomiques. Nous étions devant une toute nouvelle situation tandis que,
confrontés à cette chute des idéologies, ou du moins de l’une d’elles,
certains philosophes évoquaient déjà la fin de l’Histoire. Alors que musées
et institutions s’apprêtaient déjà aux inévitables bilans fin de siècle, alors que
le marché de l’art vivait en 1990-1991 une tourmente sans précédent après
de trop fastes années, alors que s’annonçait la fin des avant-gardes classiques
– ces avant-gardes désormais historiques, même les plus récentes – et qu’on
déclarait l’art en crise, on remit en cause la modernité occidentale,
phénomène enthousiasmant, on critiqua l’hégémonie de sa pensée.
Rarement il fut autant question de territoires : territoires de la mémoire,
territoires de l’art, globalisation débordante et localisations vivifiantes.
L’espace est à décoloniser, l’art aussi, plurivoque et multimédiatique.
Les années 90 seront nomades ; les frontières tombent, l’information
tourbillonne dans l’Ethernet et les artistes circulent, c’est une décennie
de transhumances. En Europe s’estompèrent peu à peu diverses esthétiques
fondamentales et traditionnelles, propres à des régions qui auparavant
ne se connaissaient que fort peu. L’attention se tourna aussi vers Bratislava,
Belgrade, Riga, Vilnius ou Sofia, moins sans doute que vers Londres ou
Berlin, mais on évoqua à nouveau les notions de centre et de périphérie,
les concepts de distance et de proximité.
Des vagues vinrent de l’Est, d’autres du Nord. Les années 90 seront celles
de l’immédiateté. La décennie précédente fut également jugée formaliste ;
d’aucuns mirent en doute ses dispositifs culturels, les considérant parfois
sans contenu. Il n‘était pas loin le temps où la légitimation de l’art par les
musées serait elle aussi remise en cause. Même les pratiques d’expositions
changèrent : la Documenta IX, celle de Jan Hoet, fut protéiforme. Jamais
Documenta n’avait rassemblé autant d’artistes.

Jan Fabre dit un jour : « Je pense que les artistes flamands et wallons ne sont
que très peu affectés par l’internationalisme. La Belgique est peut-être une
oeuvre d’art, et au même titre que chaque bonne oeuvre d’art, elle est un
exercice de disparition qui continuera à nous fasciner et à nous défier ».
Nous retenons dans ses propos, les deux derniers mots plus particulièrement,
qui sont proches d’un paradoxe méduséen, symboliste au fond : fascination
et défi. Et on sait l’importance qu’eurent l’art et la poésie symbolistes dans
l’art de Belgique, traits qui continuent d’irriguer les plus radicales démarches
conceptuelles actuelles. Si les artistes belges sont en effet peu sensibles à
l’internationalisme, c’est à leur forte identité qu’ils le doivent. L’exposition
que Le Fresnoy propose, révélera probablement au contraire, que c’est
paradoxalement cette forte identité qui offre tant d’attraits aujourd’hui
sur la scène internationale.
ABC Art Belge Contemporain réunit des artistes émergents et des artistes
dont
nous estimons qu’ils sont les clés et les origines de cette émergence. Ce sont
des artistes actifs au premier plan des grandes villes du pays (Anvers, Bruxelles,
Gand, Liège) ou se déplacent fréquemment à l‘étranger pour être en prise
directe avec les enjeux artistiques actuels. Nous avons également pris en
compte la proportion croissante des artistes étrangers installés en Belgique
dans la composition des scènes belges contemporaines. C’est au prisme de
cette perspective internationale qui traverse l’horizon de l’art et qui, depuis
une bonne décennie, entérine la dissolution du critère national au bénéfice
du spectre géopolitique de la globalisation et de la mobilité et du flux des
identités transnationales, que ABC Art Belge Contemporain prend ses
marques.
En tant qu’institution située aux frontières de la Belgique où viennent s’y
croiser les tendances de toutes les scènes régionales de ce pays, Le Fresnoy
a fait sa sélection en partant de l’intégralité d’un large spectre et soutient
précisément l’accentuation des fractures plutôt qu’il ne cherche à démontrer
les zones d’intersection et à défendre une communion des styles. Pourtant,
poser la question de ce qui relie entre eux de jeunes artistes et moins jeunes
en Belgique ne va pas sans s’interroger sur la teneur d’une incontestable
cohésion, de concordances et d‘échanges entre les différents pôles urbains.
Il existe bel et bien une jeune scène émergente spécifique en Belgique.
En témoigne la profusion d’initiatives artistiques, l’intérêt soutenu des
“décideurs” internationaux, collectionneurs, curateurs, et la présence de
jeunes artistes dans des événements à travers le monde.
Cette exposition se veut un premier aperçu subjectif et diversifié qui révèle
les lignes de force, les points communs et le parcours d’une génération et de
quelques-unes de leur source.

ABC Art Belge Contemporain sera donc une exposition dénuée de la
volonté de faire un point exhaustif de la diversité de la scène belge
contemporaine.
Les vocations dominantes et les arts plus particulièrement enseignés et
pratiqués au Fresnoy ont constitué un critère prioritaire de sélection :
photographie, cinéma, vidéo, installation, performance, chorégraphie.
Et ce sont les domaines où précisément la Belgique s’est distinguée ces
vingt dernières années, puisant au sein d’un héritage marqué par le cinéma
documentaire, par le cinéma consacré aux autres arts, par le cinéma
expérimental – et son festival légendaire de Knokke le Zoutte – et enfin par
sa tradition anarcho-dadaïste… Et tout simplement, par la poésie des
attitudes hors limites et des spectaculaires provocations.
Enfin, l’exposition fait l’hypothèse – et c’est son second critère de sélection
qui organisera son parcours –, que la Belgique est probablement le seul pays
au sein duquel cohabitent intensément deux tendances absolument
contradictoires de l’art après 1945 : un courant minimaliste et fortement
affiché comme découlant d’un processus mental et un courant post-dadaïste,
parfois potache, au risque de l’idiotie burlesque ; autrement dit une
singulière coexistence et surtout des passerelles qui les relient de manière
absolument inédite, entre l’art conceptuel et l’art de l’objet. Véritable
dialectique, quasiment un oxymore plastique, qui donne toute sa spécificité,
son relief et sa séduction à l’art de Belgique.

with:
Sven AUGUSTIJNEN, Le guide du parc, 2001
Stephan BALLEUX, Franky, 2007
Orla BARRY, oeuvre en cours de sélection
Guillaume BIJL, James Ensor à Oostende, 2005
Ricardo BREY, Birdland, 2001
Marcel BROODTHAERS, La pluie, 1969
Le CAP, associé au cabinet de Lennep
Dominique CASTRONOVO et Bernard SECONDINI, Tout vite, tout voir, tout
avant de disparaître,2007-2008
Jacques CHARLIER, Canalisations souterraines, 1969
David CLAERBOUT, Long Goodbye, 2007
Léo COPERS, Le voyant aveugle IV, 2006
Patrick CORILLON, oeuvre en cours de sélection
Jef CORNELIS, soirée
Manon DE BOER, soirée, projection de Inner Beats, 2010
Jos DE GRUYTER et Harald THYS, The Spinning Wheel, 2002
Edith DEKYNDT, Martial M, 2007 + XY 02, 2007 + Slow Object 03 +
Grey Song 02, 1996-2009
Wim DELVOYE, oeuvre en cours de sélection
Thierry DE MEY, soirée, projection de films
Stefaan DHEEDENE, Billy, 2006
Honoré D’O, Elusive Cities
Lili DUJOURIE, Hommage à … I, II, III, IV
Eric DUYCKAERTS, soirée, vidéos
Jan FABRE, Spinnenkoppentheater, 1979
Michel FRANÇOIS, Last Flag + Autoportrait contre nature, 2001
Jeff GEYS, vidéo en cours de sélection
Johan GRIMONPREZ, Double Take, 2008
Ann Veronica JANSSENS, Untitled, 2009
Christian KIECKENS, documentations
Marie-Jo LAFONTAINE, Alice in Wonderland
Jacques LENNEP, cabinet d’archives
Jacques LIZENE, installation Vidéo nulle en remake, 1984/2010
Capitaine LONCHAMPS, Neiges,
Emilio LOPEZ MENCHERO, Trying to be Balzac, 2002
Erwan MAHEO, Anticlock, 2008
Wesley MEURIS, Cage for Galago crassicaudata, 2005
Johan MUYLE, Ceci n’est pas une pipe, 2007
Jacques-Louis NYST, L’idée de la couleur, 1976
Hans OP DE BEECK, Extensions, 2009
PANAMARENKO, oeuvre en cours de sélection
Pol PIERART, Autoportrait avec ma ville natale + Film n° 1
Gwendoline ROBIN, Pauvre Gwen, 2005 + Autoportrait
(Explosion de la tête), 1997
Koen THEYS, Patria (Vivel le Roi ! Vive la République !)
Ana TORFS, Toast, 2003
Els VANDEN MEERSCH, Rau?me, 2008
Emmanuel VAN DER AUWERA, Sans titre (dessins)
Sophie WHETTNALL, Recording the light, 2001

Coup de ville

11 september: Opening
12 september – 24 october: Exibition (thursday, friday, saturday and sunday)
1-5 october: Artist’s village

web site coup de ville

Coup de Ville is a city festival and exhibition of contemporary art in private and public locations in the city centre of Sint-Niklaas, Belgium. The title symbolically refers to an ‘occupied city’.

The exhibition features the works of some 50 artists from around the world, and runs from September 12 till October 24. From October 1 till 5, the city’s market square will be turned into an Artist Village: an eating, meeting and working place for international young artists.

Coup de Ville is organised by contemporary art platform WARP and curated by Stef Van Bellingen and Jan Hoet. The exhibition / city festival is inspired by Hoet’s ‘Chambres d’Amis’, and aims to inspire a dialogue between contemporary art and its surroundings, and between artists and city dwellers. Key notions are integrity-led artistic engagement, dialogue, superseding cultures and generations.

with
Stephan Balleux
Marc Bijl (Nederland)
Katinka Bock (Duitsland)
Michaël Borremans
Daniel Buren (Frankrijk)
Johan Creten
Eric Croux
Flavio Cury (Brazilië) (o.v)
Hans Demeulenaere
Fred Eerdekens
Nezaket Ekici (Turkije)
Elmgreen & Dragset (Denemarken / Noorwegen)
Jarg Geismar (Duitsland)
Tue Greenfort (Denemarken)
David Hammons (USA) (*collectie SMAK)
Eisa Jocson (Philippines)
Bren Heymans + Djo Moembo (D.R. Congo)
Silke Koch (Duitsland)
Oliver Lutz (USA)
Wesley Meuris
Nandipha Mntambo (Zuid-Afrika)
Haifeng Ni (China) (o.v.)
Honoré d’O
Hans Op de Beeck (*collectie MUHKA)
Monika Sosnowska (Polen) (o.v.)
ere Recarens (Spanje)
Giovanni Rizzoli (Italië)
Egill Saebjörnsson (Ysland)
Kelly Schacht
Fatou Kande Senghor & Waru Studio (Senegal)
Bart Stolle (o.v.)
Stefanos Tsivopoulos (Griekenland)
Veronika Tzekova (Bulgarije)
Guido Van de Werve (Nederland)
Annemie Van Kerckhoven
Hannes Van Severen
Eva Vermandel (B/ UK)
Angelo Vermeulen & Tine Holvoet
Martin Walde (Oostenrijk)